- 23.06.2026
A une époque où l’empreinte environnementale est devenue un enjeu majeur de l’horticulture moderne, les campagnes sectorielles Pelargonium for Europe (PfE) et Stars for Europe (StE) — une organisation dédiée aux poinsettias — ont créé une base de données en ligne sur la durabilité dans la culture des plantes ornementales, qui permet d’étudier la question en profondeur.
L’empreinte environnementale est l’un des enjeux majeurs de l’horticulture moderne. Dans la production de pélargoniums – plus communément appelés géraniums – l’accent est mis de plus en plus sur des méthodes de production et des chaînes d’approvisionnement économes en ressources. Cependant, il n’existe pas de réponse simple à la question de savoir si la production de pélargoniums est durable. Le facteur déterminant réside dans les conditions dans lesquelles ils sont cultivés, et c’est précisément sur ce point que la filière a réalisé d’importants progrès ces dernières années. L’organisation Pelargonium for Europe (PfE), programme soutenu par l’Union européenne, met gratuitement à disposition de tous une base de données en ligne (disponible ici) pour centraliser et partager les connaissances.
Centraliser et partager les connaissances
Les enjeux fondamentaux d’empreinte environnementale concernent aussi bien les géraniums, que l’ensemble du secteur des plantes ornementales. La production sous serre, les substrats de culture, la gestion de l’eau et des nutriments, la consommation d’énergie ainsi que la protection sanitaire des plantes sont autant de facteurs à prendre en compte pour mesurer la durabilité d’une culture.
S’agissant des pélargoniums, la profession s’efforce en permanence de produire en utilisant le moins de ressources possible. La sélection variétale joue un rôle essentiel à cet égard : les nouvelles variétés sont de plus en plus robustes et mieux adaptées à différentes conditions de culture. Cela permet une utilisation plus efficace des ressources tout en garantissant aux consommateurs des pélargoniums attrayants et durables.
Afin de mettre en lumière les évolutions actuelles en matière de méthodes de production durables, les campagnes sectorielles Pelargonium for Europe (PfE) et Stars for Europe (StE) — une organisation sœur dédiée aux poinsettias — ont créé une base de données en ligne sur la durabilité dans la culture des plantes ornementales, accessible à l’adresse https://pfe-trade.com/fr/developpement-durable/. La plateforme s’adresse notamment aux producteurs, aux fournisseurs et aux médias spécialisés. Elle compile des articles, des bonnes pratiques et des informations de fond issus de publications professionnelles internationales, organisés par thématiques.
Pélargoniums : une croissance vigoureuse dans des conditions favorables
Les pélargoniums possèdent des caractéristiques qui les rendent particulièrement adaptés à une culture durable. Ils sont robustes, capables de résister à la chaleur et à la sécheresse, et se distinguent par leur floraison exceptionnellement longue. Comparés à certaines autres plantes de massifs et de balcons, ils s’épanouissent également sous des températures plus modérées et tolèrent bien les substrats à teneur réduite en tourbe, voire sans tourbe.
Ces qualités sont de plus en plus importantes aux yeux des consommateurs. Les pélargoniums sont considérés comme des fleurs d’été faciles d’entretien et polyvalentes, adaptées aux jardinières, aux pots sur balcons et terrasses, ainsi qu’aux massifs de jardin. Grâce à leur résistance et à leur floraison abondante, ils fleurissent de manière fiable du printemps à l’automne, aussi bien en milieu urbain que rural. Dans des villes de plus en plus exposées aux fortes chaleurs, ces plantes résistantes à la chaleur et à la sécheresse sont particulièrement adaptées aux changements climatiques.
Toutefois, ces caractéristiques à elles seules ne remplissent pas tous les critères d’une production à faible empreinte environnementale. Elles créent simplement des conditions favorables pour y parvenir.
Accents sur la production et l’origine
La durabilité d’une culture dépend en grande partie de la manière dont se passe la production. Pour les pélargoniums, des facteurs tels que la consommation d’énergie en serre, le substrat utilisé ainsi que les méthodes d’irrigation et de fertilisation jouent un rôle essentiel.
Les pélargoniums étant produits en grandes quantités, les améliorations apportées dans ces domaines peuvent avoir un impact significatif. Des technologies de serre plus performantes, des méthodes de culture adaptées et de nouveaux mélanges de substrats peuvent contribuer à réduire la consommation de ressources et à minimiser l’impact environnemental.
Le lieu de production est également important. Une grande partie des pélargoniums destinés au marché européen est cultivée localement. Des distances plus courtes entre le producteur et le distributeur permettent de réduire considérablement les émissions liées au transport. Par ailleurs, la production régionale gagne en importance dans les ventes, car de nombreux consommateurs recherchent spécifiquement des plantes cultivées localement.
Le secteur est également fortement connecté à l’international. De nombreux pélargoniums sont multipliés à partir de boutures prélevées sur des plantes-mères cultivées dans des régions bénéficiant de conditions climatiques favorables, comme le Kenya ou l’Éthiopie. Des études montrent que cette répartition du travail n’entraîne pas nécessairement une empreinte carbone plus élevée. Au contraire, si les plantes-mères étaient cultivées en Europe, un chauffage et un éclairage supplémentaires seraient souvent nécessaires.
L’énergie reste le facteur déterminant
La consommation d’énergie dans les serres est un facteur clé de la durabilité de la culture des pélargoniums. Aux premiers stades de la production en particulier, l’énergie est nécessaire pour chauffer les serres et créer des conditions de croissance optimales.
D’après l’Université des sciences appliquées d’Erfurt, les analyses de cycle de vie existantes montrent qu’une production en serre chauffée génère en moyenne entre 0,7 et 0,8 kg d’équivalent CO₂ par plante. Plus de 90 % de l’impact climatique est imputable à l’énergie fossile utilisée pour le chauffage. Tant que les serres continueront d’être chauffées au fioul ou au gaz, l’approvisionnement énergétique restera le principal facteur influençant le bilan carbone de la production.
Les sources d’énergie alternatives prennent une importance croissante pour de nombreuses pépinières, tant pour des raisons environnementales qu’économiques. De nombreux producteurs ont désormais recours à la biomasse, à la géothermie, aux réseaux de chaleur ou encore à la récupération de chaleur industrielle.
L’évolution des substrats : la tourbe progressivement remplacée
Outre la consommation d’énergie, le substrat est devenu un sujet de plus en plus important dans le débat sur la durabilité. De nombreuses méthodes de culture du pélargonium utilisent traditionnellement des mélanges à base de tourbe, car celle-ci possède d’excellentes propriétés physiques et microbiologiques : elle retient l’eau, assure une structure racinaire stable et permet un apport régulier en nutriments.
Cependant, la tourbe fait l’objet de critiques écologiques croissantes. Son extraction libère d’importantes quantités de carbone stocké et entraîne la destruction de précieux écosystèmes de tourbières. Dans ce contexte, de nombreux pays européens mettent en œuvre des stratégies visant à réduire progressivement l’utilisation de la tourbe en horticulture et à la remplacer par des matériaux alternatifs.
Par conséquent, le secteur travaille activement à intégrer davantage de matières premières alternatives. Les fibres de bois, le compost, l’humus d’écorce et les matériaux à base de noix de coco font désormais partie de nombreux mélanges de substrats modernes.
Les pélargoniums tolèrent relativement bien les substrats pauvres en tourbe, ce qui constitue un avantage pour le développement de mélanges plus durables, aussi bien pour la production professionnelle que pour les jardins particuliers. Dans le même temps, les analyses de cycle de vie montrent que les substrats ont un impact nettement plus faible sur l’empreinte carbone de la production que la consommation d’énergie des serres.
Une gestion efficace de l’eau et des nutriments
L’utilisation de substrats alternatifs nécessite des adaptations dans les pratiques de culture. L’irrigation et l’apport en nutriments jouent un rôle essentiel dans ce processus. Ces dernières années, des progrès significatifs ont également été réalisés dans ce domaine.
Les exploitations horticoles modernes s’appuient de plus en plus sur des systèmes de précision, tels que les tables à marée (ebb-and-flow) ou l’irrigation goutte à goutte. Certaines récupèrent également l’eau de pluie provenant des toitures des serres afin de l’utiliser pour l’irrigation.
Dans de nombreuses pépinières, l’excédent d’eau d’arrosage et les solutions nutritives sont collectés puis réutilisés. Cette pratique permet de réduire considérablement les pertes d’eau et le lessivage des nutriments.
D’un point de vue scientifique, l’eau n’est donc pas considérée comme un facteur environnemental majeur dans les systèmes de production modernes. Dans la gestion de la santé des plantes, le secteur s’appuie également de plus en plus sur des stratégies intégrées et sur l’utilisation ciblée d’organismes auxiliaires afin de minimiser le recours aux pesticides chimiques.
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